· mis à jour le 21 septembre 2026 · Julien
Mon appartement était sous-tarifé de 42 % en plein août : comment je l'ai découvert
Je tiens un appartement en location courte durée à Bergerac. J’ai construit moi-même son site de réservation, son moteur de tarification, sa comptabilité. Et pendant une saison entière, j’ai laissé beaucoup d’argent sur la table sans le savoir. Voici comment je l’ai découvert, avec la méthode exacte, pour que vous puissiez faire le même contrôle sur votre bien ce week-end.
La vallée de la Dordogne. Les relevés de cet article ont été faits en aval, sur le marché de Bergerac. Photo SlimMars 13, Pexels.
Le déclencheur : un mois d’août « complet » qui aurait dû me réjouir
Mon tableau de bord affichait un août bien rempli. C’est le genre de signal qui endort : quand ça réserve, on ne touche à rien. Mais un taux de remplissage élevé peut vouloir dire deux choses : que votre bien plaît — ou que vous le vendez trop bas. La seule façon de trancher, c’est de regarder ce que paient réellement les voyageurs chez vos voisins.
La méthode : 13 relevés à la main, aucun outil payant
Rien de sophistiqué. J’ai ouvert Booking en navigation privée et j’ai fait ce qu’un voyageur fait :
- Même recherche que mon client type : Bergerac centre, appartement entier, 4 personnes.
- Plusieurs fenêtres de dates : semaine et week-end, sur septembre, novembre et décembre, plus la haute saison.
- Relevé du prix total à la nuit (ménage inclus, ramené à la nuitée) pour chaque bien comparable, soit 13 relevés en tout.
- Recoupement sur Airbnb pour vérifier que les deux plateformes racontaient la même histoire. C’est le cas : les mêmes logements s’y vendent aux mêmes prix ; l’écart apparent d’Airbnb n’est que le frais de ménage amorti différemment.
Une heure de travail, un tableur, zéro abonnement.
Ce que les chiffres ont montré
1. Je bradais la haute saison. Mon août réalisé : 76 € la nuit. Le marché comparable : autour de 130 €. Soit −42 % sur chaque nuitée du mois le plus demandé de l’année. Mon « complet » n’était pas une performance, c’était un prix d’appel involontaire.
2. La prime week-end était un mythe. J’appliquais +25 % le week-end, comme le recommandent la plupart des guides. Le marché de Bergerac, lui : 123 € semaine, 114 € week-end en septembre, 111 contre 107 en novembre. Sur un marché de destination touristique, les gens viennent toute la semaine. La prime week-end ne se justifie que là où la demande se concentre sur deux nuits.
3. Le marché était plat, et haut. Là où je croyais un creux, septembre-décembre se tenait entre 107 et 123 €. Décembre n’était pas un trou à 80 € : il valait 113 €.
4. La remise long séjour existait. Bel et bien : environ −15 % pour six nuits par rapport à deux nuits. Celle-là, il faut la faire.
Ce que j’ai changé, concrètement
- Prix de base : 65 € → 95 €. Directement dans la fourchette relevée, pas en dessous : je n’avais plus de raison objective de rester au tarif d’appel.
- Coefficient week-end : 1,25 → 1,05 (quasi supprimé). La prime que j’appliquais venait d’un guide générique, jamais vérifiée sur mon propre marché.
- Saisons aplaties sur la réalité mesurée, plutôt que sur l’intuition « été cher, hiver bradé ». Le calendrier scolaire ne dictait pas le marché ; les relevés, si.
Pourquoi c’est plus important que les commissions
On parle beaucoup (moi le premier) de ce que les plateformes prélèvent : de 3,6 % à près de 18,6 % selon le régime de votre compte Airbnb (cf. la grille officielle des frais), et autour de 18 % chez Booking. Si vous voulez le montant exact chez vous, calculez ce que les commissions vous coûtent. Mais posons les deux leviers côte à côte, pour un gîte à 30 000 € de chiffre d’affaires annuel :
| Levier | Gain annuel approximatif | Ce que ça demande |
|---|---|---|
| Basculer 30 % de ses réservations en direct | ~1 300 € | Un site, du temps, un changement d’habitude des voyageurs |
| Corriger une sous-tarification de 25 % | ~7 500 € | Une heure de relevés et une mise à jour de grille |
La correction de prix est le levier le plus rentable du métier, et le moins travaillé, parce qu’il est invisible tant qu’on ne mesure pas. Un calendrier plein n’est pas une preuve de bon prix ; c’est parfois la preuve du contraire.
Des biens comme celui-ci se vendent entre 107 et 130 € la nuit sur ce marché — le vôtre est-il dans la fourchette ? Photo SlimMars 13, Pexels.
Faites le contrôle sur votre bien
Une recherche voyageur en navigation privée, vos trois prochains mois, dix biens comparables, le prix ramené à la nuitée. Si votre prix est dans la fourchette basse et que votre calendrier se remplit vite, vous êtes probablement en train de financer les vacances de vos voyageurs.
C’est ce que la formule Pilotage intelligent automatise : le moteur qui a recalibré mon propre appartement refait ces relevés en continu, à ma place. Mais commencez par la version manuelle : elle est gratuite et elle vous dira en une heure si vous laissez, vous aussi, 40 % sur la table.
Questions fréquentes
Est-ce que je risque de perdre des réservations en changeant mes prix en cours de saison ?
Non, pas sur le carnet existant. Un prix modifié s'applique aux nouvelles demandes, pas aux séjours déjà confirmés : sur Airbnb comme sur Booking, une réservation acceptée ne change pas de tarif après coup. Le seul risque est un ralentissement des nouvelles demandes si vous montez trop vite, pas une perte sur ce qui est déjà réservé.
Cette sous-tarification de 42 % est-elle un cas particulier ?
Le chiffre est spécifique à mon marché et à ce moment de l'année. La méthode, elle, est généralisable : n'importe quel propriétaire peut refaire ces relevés sur son propre segment en une heure, et découvrir un écart très différent, plus petit ou plus grand.
Pourquoi publier une erreur aussi évidente après coup ?
Parce qu'une erreur mesurée et corrigée est plus utile qu'une réussite qu'on ne peut pas vérifier. Si cet article ne montrait que ce qui a marché, il ne vaudrait pas mieux qu'une brochure commerciale.
Combien de temps prend le report des nouveaux prix, après le relevé ?
Le relevé lui-même prend une heure. Reporter les nouveaux tarifs dans votre calendrier prend quelques minutes de plus, période par période ou via votre grille tarifaire si vous en tenez déjà une.
Faut-il attendre la fin de saison pour corriger ses prix ?
Non. Plus tôt la correction est posée, plus tôt elle s'applique aux nuitées encore disponibles. Attendre le bilan de fin de saison, comme je l'ai fait la première fois, revient à laisser filer des mois de manque à gagner qu'une heure de relevés aurait suffi à corriger.
Envie du même calcul sur vos chiffres ?
Le calculateur vous donne en dix secondes ce que les plateformes vous prélèvent, et ce qu'une correction de prix pourrait changer.
Faire le calcul →